Comment a été détruit, en une seule édition catastrophique en 2025, un Festival qui de sa création en 2021 jusqu’en 2024 avait accumulé les succès ?
Succès en fréquentation, en bilan économique et en en notoriété partagée avec la région, les producteurs et le terroir local.
Préambule
Le château de La Motte Tilly et son administrateur de l’époque, Mathias Le Gallic réfléchissaient en 2020/2021, sur un nouveau moyen d’augmenter la fréquentation de ce merveilleux joyau du XVIIIe siècle.
L’idée de la création d’un nouvel événement fédérateur s’imposa.
L’idée d’y associer un terroir si riche et parfois méconnu, renforça le projet, y associant les nombreux producteurs en quête de notoriété et de chiffre d’affaires.
Matias Le Gallic a donc sollicité notre association pour deux raisons :
- Car elle disposait d’une implantation depuis près de 40 ans et des membres très actifs, notamment de la jeune génération, très dynamique
- Car son président, Jean-Marie HUBERT était aussi le président du Groupe SPAT, un acteur professionnel reconnu du monde des festivals, salons et congrès en France, notamment à Paris, Cannes, Deauville et Strasbourg.
Mathias Le Gallic a d’abord pensé collaborer avec une agence, mais s’est rendu compte très vite que sa rémunération allait plomber le modèle économique du projet.
En effet, avec le choix de notre association la manifestation se dotait de tout le personnel nécessaire, bénévole, donc gratuit .
Ensuite, le Groupe SPAT s’offrait d’en être un sponsor financier d’une part et une aide logistique professionnelle gratuite.
C’est ainsi que le château proposa à notre association une convention de mise à disposition des espaces du château pour y créer et organiser ce Festival d’été : Les Gourmandises de La Motte Tilly.
Notre association devenait de facto à la fois organisateur et responsable de la réussite, y compris financière, du projet à son seul risque financier et organisationnel.
Les « Gourmandises de La Motte Tilly » étaient nées !
La convention entre le château et notre association fut signée pour 3 ans : 2022, 2023 et 2024.
Elle ne fut pas renouvelée après l’édition 2024.
Le château manifestait déjà, lors de l’édition de 2024, de prendre la main, prenant seul des décisions sans en informer l’association, mais aussi des décisions arbitraires tel que le renvoi sans explications des traiteurs bénévoles de la Commune de La Motte Tilly, le comité Sports et Loisirs de La Motte Tilly, pourtant dévoués à la cause de manière bénévole.
Notre association se retira donc début 2025.
Tous les éléments permettant au Château de réaliser un « copier / coller » de la manifestation et les clés de sa réussite furent transmis gracieusement par notre association :
- Documents de demandes de subvention avec les fichiers des contacts
- Documents de sponsoring
- Processus organisationnels
- Road books jour par jour
- Fichiers fournisseurs et contacts des acteurs du projet
- Plan média et communication
- Budget et économie détaillée du projet
- Etc
Certains que, avec la puissance du CMN et l’adhésion de tous les acteurs, le château allait faire évoluer le Festival, le développer et l’étendre à la Région, puis au niveau national comme le prévoyait le business plan du départ sur 3 périodes de 3 ans.
Hélas, aucune des prescriptions n’a été suivie, aucun processus organisationnel, aucun investissement, ce qui a précipité le Festival vers un échec prévisible
Analyse d’un échec programmé
La règle de base, c’est de ne pas changer un formule qui fonctionne, mais de l’améliorer.
Mais cela n’a pas été le cas et en voici les principaux éléments :
- Le changement de dates. En effet la date de dernier week-end d’Août était stratégique, car :
- Le public attendu était rentré de congés
- La météo de fin d’été est plus clémente
- Les bénévoles sont disponibles (vacances d’août)
- Les entreprises sont disponibles
- La date commune avec la fête des moissons de Provins assurait une fréquentation différenciée : Une grande fête populaire à Provins, un événement haut de gamme à La Motte Tilly pour satisfaire tous le publics et faire coup double
- L’absence de sollicitation de nombreuses subventions publiques
- L’absence de sollicitation des principaux sponsors
- L’absence de plan média
- L’absence de plan de communication et d’investissement publicitaire
Pour ne citer que les essentiels.
Parallèlement, penser pouvoir se poser des bénévoles de l’association était une erreur, car les bénévoles sont mobilisables et ne regardent pas à l’effort ni au temps passé.
Sur site les erreurs de conception se sont multiplié.
- L’élégance du plan et des chapiteaux blancs, tous identiques, donnait de la classe à la manifestation.
Par économie, le château demanda à chaque exposant de venir avec sa tente ….
Outre l’aspect visuel de ce bricolage, l’ensemble des chapiteaux n’étaient ,de facto, pas reliés et sécurisés entre eux par une entreprise professionnelle, et le risque de catastrophe en cas de vent était irresponsable. - La prestation offerte aux exposants n’était plus au rendez-vous : Aménagement personnalisé de chaque tente, avec une enseigne de 3 mètres décrivant l’activité du producteur et ses images, mobilisation des visiteurs sur ses produits tout au long de la campagne média
- La date choisie exposait la manifestation et ses exposants à une forte chaleur
- L’absence de plan média et de communication a fait chuter la fréquentation de manière importante
La conséquence se fit sentir dès le premier jour : La moitié des exposants ont quitté leur stand le premier soir, ne se représentant pas le lendemain car leur chiffre d’affaires était inexistant compte tenu de la mauvaise fréquentation, en quantité et en qualité.
Mobiliser le bon public en qualité et quantité, c’est un processus marketing indispensable
Un autre sujet, c’est de n’avoir pas pris en compte dès le départ, le préjudice pour les exposants par une réduction du prix du stand, proportionnellement à la réduction de la prestation qui leur était dûe contractuellement.
En effet, sachant que la prestation habituelle ne leur serait pas fournie, notamment le chapiteau, son aménagement et la bâche publicitaire, le marketing, les investissements publicitaires pour mobiliser les visiteurs, il eût fallu diminuer voir rembourser le prix de la participation des exposants.
En effet, l’essentiel du prix de revient du stand n’a pas été fourni, mais son prix a été maintenu.
En un mot, ne pas faire payer ce qu’on n’a pas fourni, tout simplement !
Compte tenu des moyens dont dispose le CMN cela aurait été un minimum pour compenser leur mauvaise gestion responsable de cet échec.
Conclusion
On dit souvent d’une entreprise qu’il faut une génération pour la créer, parfois une autre pour la développer, puis trois pour la détruire.
Ici, en une seule édition tout a été détruit, par simple non respect d’un cahier des charges précis et documenté, réalisé par des professionnels de l’événementiel
Vouloir changer peut être bénéfique.
Mais changer pour changer n’a pas de sens, surtout quand on ne dispose ni du savoir faire ni des moyens humains.
C’est un crève coeur pour notre association
Nous étions fiers de ce que nous avions créé et de nos efforts sans compter les heures pendant 3 ans.
Voir notre réalisation réduite en cendres nous désole…
C’était un patrimoine immatériel a forte valeur ajoutée, une opportunité de valorisation de nos producteurs, un atout supplémentaire pour le château et un retour sur investissement pour tous !


